Le 10 septembre, Charlie Kirk, cofondateur du groupe conservateur Turning Point USA, était assassiné par balle à l’université de Utah Valley lors d’un discours. Le 14 juin, c’était Melissa Hortman, présidente de la Chambre des représentants du Minnesota, qui était abattue aux côtés de son mari à leur domicile. Le même tireur avait également fusillé le Sénateur John Hoffman et son épouse le 14 juin également, mais ils ont tous deux survécu. N’oublions pas non plus que l’an dernier, Donald Trump était lui aussi visé par balle lors d’un discours en Pennsylvanie.
La liste est longue et pourrait compter encore des milliers de noms, avec des victimes issues de tous les côtés de l’échiquier politique états-unien.
Nombreux sont ceux qui blâment le sectarisme extrême qui infuse les États-Unis de discours haineux sous couvert de dialogue politique. Et ils auraient raison.
Mais n’oublions pas l’autre facteur manifeste au possible : la démocratisation des armes outre-Atlantique. Car si les discours peuvent certes blesser, ils ne tuent pas. Les armes, elles, tuent (et les adeptes de la destruction en sont bien conscients).
Aux États-Unis, la présence d’armes dans la majorité des sphères du quotidien peut être attribuée aux législateurs. En effet, 38 États ne réglementent pas le port visible d’armes, ce qui signifie qu’elles peuvent être portées à la hanche ou en bandoulière. Par ailleurs, 29 États autorisent le transport d’armes dissimulées sans permis. Dans l’Utah, lieu de la fusillade de Charlie Kirk, la loi avait été récemment modifiée pour autoriser le port visible d’armes sur les campus universitaires, notamment par des étudiants d’à peine 18 ans.
Pourtant, les assassinats politiques ne représentent qu’une petite fraction du coût humain des lois pro-armes aux États-Unis. Non loin de 46 000 personnes y meurent chaque année de la violence armée, et 97 000 autres sont victimes de blessures. Les jeunes en portent le fardeau le plus lourd, puisque les armes sont aujourd’hui la première cause de mortalité chez les enfants et adolescents dans le pays.
Pour ne pas nous perdre dans des statistiques annuelles, concentrons-nous sur les 24 heures précédant l’assassinat de Charlie Kirk. En Caroline du Sud, un homme aurait criblé de plusieurs balles son ex-compagne sur un parking Walmart. Dans le Missouri, un enfant de 10 ans a reçu une balle dans la cuisse dans son sommeil. Dans le Colorado, au Evergreen High School, deux élèves ont été blessés par un camarade armé d’un pistolet qui s’est finalement donné la mort. Il s’agit de la septième fusillade survenue dans un établissement scolaire depuis la rentrée des classes. Le mois dernier seulement, deux enfants ont été assassinés dans l’école Annunciation Catholic School à Minneapolis pendant la prière du premier jour d’école.
Il n’y a qu’aux États-Unis que des fusillades dans des écoles sont éclipsées dans les médias par un assassinat politique. Au pays de l’oncle Sam, ce qui bouleverserait profondément tout autre pays n’est qu’une nouvelle comme une autre au journal du soir. C’est le prix à payer du 2e amendement de la Constitution, qui prime sur tout le reste. Pourtant, le port d’armes n’est pas nécessairement incompatible avec la protection de nos familles.
En fin de compte, ce n’est pas qu’une question d’idéologie. Le président Donald Trump et le Congrès doivent s’unir pour édicter des lois exhaustives sur le port d’armes, afin de mettre fin au carnage et de protéger aussi bien les personnalités publiques que les enfants. À moins de tenir les armes à distance de ceux qui ne devraient même jamais en posséder, le club tragique des victimes de la violence armée aux États-Unis continuera à gagner de plus en plus de membres.
- Article issu de TIME US - Traduction Mathilde Pace
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