Une prise de parole forte dans un contexte international tendu. Alors qu’un deuxième soldat français est décédé au Liban ce mercredi 2 avril, c’est le chef de la diplomatie française qui a pris la parole ce jeudi 23 avril. Invité de la matinale de FranceInfo, Jean-Noël Barrot a dénoncé des « crimes de guerre » ayant mené à la mort de deux soldats français. Le caporal-chef Anicet Girardin, âgé de 31 ans, et le sergent-chef Florian Montorio, 40 ans, sont tous deux décédés à la suite d’une attaque attribuée au Hezbollah menée samedi 18 avril.
Pour le ministre des Affaires étrangères, « c’est un crime de guerre que de s’en prendre à ces Casques bleus qui sont des soldats de paix, qui sont là pour faire baisser le niveau de tension et pour limiter le niveau des hostilités ». La mort du caporal-chef Anicet Girardin a été annoncée ce mercredi 22 avril par Emmanuel Macron.
Une « atteinte portée à la communauté internationale »
Jean-Noël Barrot a rappelé que les soldats de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) sont déployés dans le but de « participer à un processus de paix avec le désarmement du Hezbollah, le retrait d’Israël du territoire libanais et le retour des personnes déplacées », ajoutant que « s’en prendre ainsi à des Casques bleus, à des soldats de la paix qui sont parfaitement identifiables sur le terrain, c’est non seulement constitutif d’un crime de guerre mais c’est aussi une atteinte portée à la communauté internationale toute entière ».
Le locataire du Quai d’Orsay a aussi donné des éléments concernant l’enquête en cours dont le but est d’apporter des éléments sur les détails de l’attaque qui a tué les deux soldats français : « On veut surtout que les responsables soient punis pour les crimes qu’ils ont commis », a-t-il déclaré, expliquant que Paris met la pression sur les autorités libanaises pour obtenir des informations.
« La France a appris avec une vive émotion le décès, ce matin, alors qu’il avait été rapatrié hier en France, du caporal-chef Anicet Girardin. Le caporal-chef Girardin a succombé aux blessures qu’il a subies lors d’une attaque contre la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), qui a également coûté la vie à l’adjudant Florian Montorio. La France adresse ses plus sincères condoléances à sa famille, ses proches et ses frères d’armes, et exprime sa profonde compassion aux deux autres soldats français blessés par cette attaque », a déclaré dans un communiqué ce jeudi 23 avril le ministère des Affaires étrangères. Un message associé d’une condamnation de la France « de cette attaque menée selon toute vraisemblance par des combattants du Hezbollah et son exigence que ses auteurs soient identifiés, arrêtés et traduits en justice ».
Une cérémonie d’hommage prévue
Paris réaffirme aussi son engagement aux côtés de l’État libanais dans ses efforts de rétablissement de sa pleine souveraineté sur l’ensemble du territoire libanais et de consolidation de son monopole sur les armes » et déclare rester « pleinement mobilisée pour soutenir la pérennisation du cessez-le-feu temporaire entré en vigueur le 17 avril et la stabilisation durable du Liban ».
Dans un message publié sur X, la ministre des Armées, Catherine Vautrin avait ajouté des précisions concernant les conditions du décès du soldat qui avait servi sur de nombreux théâtres d’opération depuis son engagement en 2007 : il a été tué samedi 18 avril « par un tir direct à l’arme légère », dans la région de Deir-Kifa au sud-Liban.
Une cérémonie d’hommage national et une marche silencieuse doivent avoir lieu ce jeudi 23 avril à Montauban pour saluer la mémoire du sergent-chef Florian Montorio. Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, qui a débuté samedi 18 février dernier avec des bombardements israélo-américains sur l’Iran, ce sont en tout trois soldats français qui ont été tués.





