Alors que les géants du numérique cherchent à tirer leur épingle du jeu dans la course à l'IA, l'entreprise américaine Meta a fait le choix de licencier 10 % de ses effectifs, a-t-elle annoncé ce jeudi 23 avril, dans le but de financer le développement de l'intelligence artificielle.

De quoi nourrir les craintes de salariés d’être remplacés par des intelligences artificielles. La maison mère de Facebook et Instagram, Meta, a annoncé ce jeudi 23 avril dans une communication interne qu’elle comptait mettre en place le licenciement de quelque 8 000 personnes travaillant pour le groupe, ce qui représente un dixième de ses effectifs, a indiqué à l’AFP une source proche du dossier. Une décision qui semble récurrente dans le monde de la tech : un vaste plan de départs volontaires a aussi été décidé par Microsoft. La responsable des ressources humaines de Meta, Janelle Gale, a justifié cette décision dans un mémo, l’expliquant par la volonté de « gérer l’entreprise plus efficacement et de compenser les investissements » de Meta, qui est engagée dans une course effrénée à l’intelligence artificielle.

Chez Meta, cette annonce signe un abaissement drastique des effectifs. Selon des documents transmis au régulateur américain des marchés, la maison mère des réseaux sociaux Facebook et Instagram comptait 78 865 employés à la fin de l’année 2025. Une réduction d’autant plus importante que l’AFP a pu confirmer une information de l’agence Bloomberg selon laquelle, outre ces licenciements, la société s’apprête à supprimer 6 000 postes actuellement non pourvus. Du côté de Microsoft, l’entreprise de Satya Nadella a annoncé, aussi en interne ce jeudi 23 avril, un plan de départs volontaires. Ce dernier pourrait concerner jusqu’à 7 % des équipes, soit quelques 8 750 personnes, ont relaté plusieurs médias américains. Ce plan de départ est le premier plan de départs volontaires de l’histoire du groupe.

Un choix stratégique pour l’IA ?

Concernant Meta, alors que l’IA n’a pas été mise en avant comme une explication permettant de contextualiser les licenciements à venir, le PDG du groupe Mark Zuckerberg avait lui-même fait un lien direct en janvier dernier entre l’intelligence artificielle et des économies de coûts : « Des projets qui auparavant auraient nécessité de grosses équipes sont maintenant menés à bien par une seule personne de grand talent », avait affirmé le fondateur de Facebook, ajoutant que, par conséquent, « nous parions sur les contributions individuelles et réduisons la taille des équipes ». En parallèle de cette annonce de réduction des effectifs, Meta ne cesse de dépenser des sommes très importantes dans le développement et l’utilisation de l’IA.

En 2026, Meta prévoit d’investir entre 115 et 135 milliards de dollars, dont une grande partie dans le but d’assurer des capacités suffisantes pour l’IA, des puces aux centres de données. À la fin du mois de février, Meta a conclu un accord avec l’Américain AMD qui prévoit l’achat de millions de puces, pour au moins 60 milliards de dollars. Malgré les montants investis importants, la stratégie de Meta dans l’IA « est plus disciplinée » que lors du précédent cycle, axé sur le « métavers », soldé par un fiasco financier, notent les analystes de Wedbush Securities, ces derniers ajoutant qu’ils sont « confiants dans la capacité de la direction à négocier cette période de transition ».