Une drôle de fin d’année. Alors que depuis un mois les pourparlers s’accélèrent entre l’Ukraine et la Russie, par l’intermédiaire des États-Unis, en vue d’un accord de paix, un rebondissement est venu jeter un froid sur l’espoir d’un dénouement imminent.
D’après Moscou, 91 drones ukrainiens auraient attaqué la luxueuse résidence de Vladimir Poutine située sur les rives du lac Valdaï, entre Moscou et Saint-Petersbourg.
Suffisant pour que le Kremlin s’empresse d’annoncer que la Russie allait durcir sa position dans les pourparlers. Une mise en scène évidente pour les autorités ukrainiennes qui dénoncent un manque de preuves: « Les affirmations manipulatrices et infondées de la Russie ne font que servir la propagande russe et encourager Moscou à commettre davantage d’atrocités et de mensonges », a déploré le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriï Sybiga.
« Les autorités russes elles-mêmes disent tout et son contraire »
Des faits contestés par le Kremlin qui assure que l’ensemble des drones auraient été abattus d’après son porte-parole, Dmitri Peskov, qui a laissé planer la menace d’un durcissement sur le terrain alors que les combats se poursuivent : « Quant à une réaction militaire, nous savons comment et avec quoi répondre », a-t-il précisé.
Ces accusations interviennent quelques heures après la rencontre au sommet entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky à Mar-a-Lago en Floride où les deux présidents ont annoncé des progrès vers une sortie de conflit.
Un timing qui laisse songeur du côté de Kiev où le président ukrainien a martelé, le 30 décembre, que ces accusations étaient inventées de toutes parts. « Bien sûr que nos partenaires peuvent vérifier que c’est faux grâce à leurs capacités techniques », a-t-il précisé lors d’une conférence de presse en ligne.
L’Élysée n’a pas tardé à réagir en confirmant que les accusations russes ne reposent sur « aucune preuve solide, y compris après recoupement des informations avec nos partenaires », a déclaré l’entourage d’Emmanuel Macron et de préciser « Les autorités russes elles-mêmes disent tout et son contraire sur ce qui s’est réellement produit ».
Des propos qui rejoignent ceux du chancelier allemand, Friedrich Merz, qui n’hésite pas à tacler les méthodes russes :
« La transparence et l’honnêteté sont désormais exigées de tous, y compris de la Russie », a-t-il martelé sur X tandis que certains pays comme les Émirats, l’Inde, le Pakistan, l’Ouzbékistan ou encore le Kazakhstan ont apporté leur soutien à Vladimir Poutine.
Une rencontre entre l’Ukraine et ses alliés dans quelques jours à Paris
Côté américain, Donald Trump s’est montré sceptique quant à la tournure des événements. « Je n’aime pas ça », a-t-il glissé après s’être entretenu au téléphone avec Vladimir Poutine. « C’est une période délicate. Ce n’est pas le bon moment. C’est une chose d’être offensif, parce qu’ils sont offensifs. C’en est une autre d’attaquer sa maison », a-t-il dit, précisant tout de même qu’il était « possible » que l’attaque « n’ait pas eu lieu », même si le président russe lui a affirmé l’inverse.
L’hôte de la Maison-Blanche a qualifié son échange avec Vladimir Poutine de « productif », tout en soulignant qu’il restait « quelques problèmes très épineux, comme vous pouvez l’imaginer ».
L’évolution du conflit, qui dure depuis près de quatre ans, s’annonce donc particulièrement trouble.
La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a condamné le 31 décembre l’attitude de Moscou qui, selon elle, cherche à faire « dérailler » les efforts de paix et à « faire diversion » par ses allégations.
Un contexte délicat qui ne va pas empêcher Volodymyr Zelensky et les dirigeants des pays alliés de se retrouver dès le 6 janvier à Paris pour une nouvelle réunion aux fins toujours plus incertaines.






