Un embrasement qui se propage dans le Moyen-Orient. Des frappes menées par l’armée israélienne ont visé ce lundi 2 mars la banlieue sud de Beyrouth, au Liban, où est implanté le Hezbollah, après des tirs de cette organisation dont la branche militaire est considérée comme terroriste par l’Union européenne, sur le territoire israélien. Une preuve que le conflit initié par l’opération militaire américano-israélienne débutée ce samedi 28 février se propage.
De puissantes explosions à Beyrouth dans la nuit ont été entendues par des journalistes de l’AFP. De nombreuses familles fuient le sud du pays à bord de voitures. L’armée israélienne a ordonné aux habitants d’une cinquantaine de villages à travers le Liban de s’éloigner « d’au moins 1 000 mètres » de tout immeuble susceptible d’être prochainement bombardé. L’État hébreu avait indiqué plus tôt avoir intercepté un « projectile » qui avait été tiré depuis le Liban et que d’autres étaient tombés dans des zones inhabitées.
Le Hezbollah, soutien de Téhéran, a déclaré ce lundi 2 mars avoir lancé « une salve de missiles et un essaim de drones » contre Israël pour venger la mort du guide suprême iranien, Ali Khamenei. « Le Hezbollah a lancé une campagne contre Israël pendant la nuit et est entièrement responsable de toute escalade », a répondu sur Telegram le chef d’état-major israélien, le général Eyal Zamir, affirmant que « tout ennemi qui menace notre sécurité en paiera le prix fort ». Le premier bilan au Liban à la suite des attaques israéliennes fait état d’au moins 31 personnes mortes et 149 blessés selon les autorités libanaises.
Une opération américaine de « quatre à cinq semaines »
Le Liban n’est pas le seul pays touché. Dans le Golfe, ce lundi 2 mars a de nouveau débuté par de fortes explosions à Dubaï, Doha ou à Manama. Une épaisse colonne de fumée a pu être observée au Koweït au-dessus de l’ambassade américaine. Le Royaume-Uni a, de son côté, fait savoir qu’une « frappe de drone présumée » dans la nuit de dimanche 1ᵉʳ à lundi 2 mars était tombée sur la base aérienne britannique d’Akrotiri, à Chypre, membre de l’Union européenne. Les Émirats arabes unis, qui ont par ailleurs annoncé que trois personnes avaient été tuées depuis le samedi 28 février sur leur sol, ont appelé l’Iran à revenir « à la raison ». En Iran, des frappes dans l’ouest du pays ont touché des immeubles résidentiels, provoquant la mort de trois personnes selon des médias d’État. L’armée israélienne annonce « des frappes à grande échelle » sur Téhéran.
Dans une série d’interventions sur les réseaux sociaux et dans la presse, le président américain a tenté de justifier cette nouvelle guerre dans laquelle trois soldats américains ont déjà péri, selon l’armée américaine. Donald Trump a notamment déclaré auprès du New York Times que les États-Unis se préparaient pour une opération qui devrait durer « quatre à cinq semaines ». Également questionné sur l’avenir de l’Iran, et plus particulièrement sur qui il souhaiterait voir à la tête du pays, le président républicain a répondu qu’il avait « trois très bons choix » en tête, mais il a également ajouté : « Je ne les dévoilerai pas pour l’instant. Finissons d’abord le travail. » « Nous menons cette opération massive non seulement pour assurer notre sécurité ici et maintenant, mais aussi pour nos enfants et leurs enfants », a-t-il justifié plus tôt. « Un régime iranien équipé de missiles à longue portée et d’armes atomiques serait une grave menace pour tout Américain », selon Donald Trump, qui a appelé dans un message vidéo les Gardiens de la Révolution iraniens, ainsi que l’armée idéologique du régime et la « police militaire », à « déposer les armes » en échange d’une immunité totale. Le président américain les a menacés, s’ils refusaient, d’une « mort certaine ».
« Mort à l’Amérique », « mort à Israël »
Dans un message publié sur le réseau social X, le chef du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Ali Larijani, a rétorqué : « Nous ne négocierons pas avec les États-Unis », ajoutant également que « [Donald] Trump a plongé la région dans le chaos avec ses “rêves illusoires” et s’inquiète désormais de nouvelles pertes parmi les forces américaines ». Le ministre de la Défense des États-Unis, Pete Hegseth, donnera ce lundi 2 mars la première conférence de presse d’un dirigeant américain depuis le début du conflit.
Ce dimanche 1ᵉʳ mars, le Pentagone a annoncé avoir détruit le quartier général des Gardiens de la Révolution en Iran. L’armée israélienne a déclaré avoir « décapité le serpent » et porté un « coup dur » aux capacités de commandement iranien. De leur côté, les forces iraniennes ont mené plusieurs frappes de représailles, notamment contre Israël, qui ont provoqué la mort de neuf personnes. Une nouvelle alerte aux missiles a également été lancée lundi 2 mars dans la matinée. Des journalistes de l’AFP ont entendu des explosions dans la ville de Jérusalem.
D’autres officiels iraniens tués
À la suite de l’annonce de la mort de l’ancien dirigeant qui était au pouvoir depuis 37 ans en Iran, des milliers de partisans du pouvoir iranien scandaient « mort à l’Amérique », « mort à Israël », selon un journaliste de l’AFP présent lors du rassemblement ce dimanche 1ᵉʳ mars. Une nouvelle qui a aussi été accueillie avec des acclamations de joie dans les rues, selon des vidéos qui ont été vérifiées par l’AFP. Le président iranien du gouvernement de la république islamique d’Iran, Massoud Pezeshkian, a justifié ce dimanche que vouloir venger la mort du guide suprême était un droit « légitime ». Le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, présent lors des différents pourparlers avec les États-Unis depuis la répression sanglante de manifestants iraniens dans les rues de Téhéran en janvier 2026, a averti que les forces iraniennes ne se fixaient « aucune limite » dans leur droit à se défendre.
Selon la télévision d’État iranienne, outre l’ayatollah Khamenei, plusieurs autres hauts responsables iraniens ont été tués dans l’opération américano-israélienne, dont le chef des Gardiens de la Révolution, Mohammad Pakpour, un conseiller du guide suprême, Ali Shamkhani, et le chef d’état-major de l’armée, Abdolrahim Moussavi.





